Le Centre de Météorologie Spatiale

24 décembre 1963, 12 h 29 UTC : grande première au Centre de météorologie spatiale (CMS). Pour la première fois, une image provenant d'un satellite météorologique est reçue en Europe. Transmise par le satellite défilant américain TIROS-8, elle montre la couverture nuageuse sur le proche Atlantique et l'Europe de l'Ouest. On est à l'aube de la météorologie spatiale, le Centre de Météorologie Spatiale (CMS) n'est encore qu'une unité d'expérimentation et de développement.
Panoramique des antennes du CMS

Le Centre de Météorologie Spatiale

De nos jours, le Centre de Météorologie Spatiale est un centre spécialisé de Météo-France, d'un effectif d'un peu moins de 80 personnes, dédié à la valorisation des mesures des satellites d'observation de la Terre au profit de la météorologie et de l'océanographie. A vocation opérationnelle, au sein de la Direction de la Production, il fournit à l'Etablissement Public Administratif Météo-France des produits satellitaires destinés, entre autres, aux prévisionnistes et aux modèles numériques de prévision du temps.
Il est situé à Lannion, dans les Côtes d'Armor, et a toujours joué un rôle important dans l'exploitation des satellites d'observation de la Terre, en liaison avec plusieurs opérateurs internationaux, comme EUMETSAT l'organisation européenne d'exploitation de satellites pour la météorologie ou l'agence américaine NOAA.

Salle de pupitrage

Les moyens du CMS

Le CMS a la maîtrise de la totalité de la chaîne de valorisation des données satellitaires, depuis l'acquisition des mesures de base jusqu'à la diffusion opérationnelle des produits. Outre une équipe de R&D, il compte des unités à vocation opérationnelle responsables de la fabrication, de la mise à disposition et du suivi qualité des produits réalisés : développeurs-intégrateurs en informatique et réseaux, spécialistes en systèmes d'acquisition satellitaire et opérateurs-pupitreurs, assurant une présence et une garantie de service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi qu'une capacité en soutien opérationnel.
Le Centre est équipé d'une instrumentation technique importante (systèmes d'acquisition et de poursuite satellitaires) et d'une forte capacité de calcul, ce qui lui permet de réaliser non seulement l'acquisition et la diffusion en temps réel, mais également le stockage à des fins d'utilisation en différé.
Il contribue à la formation des utilisateurs des produits satellitaires à Météo-France et, depuis 2008, propose deux formations spécialisées sur les satellites d'observation de la Terre, ouvertes à l'extérieur de Météo-France.
On peut résumer les principales missions du Centre ainsi :


Température de surface de la mer à haute résolution à partir des données du satellite MetOp

L'expertise du CMS

Les programmes d'observation de la Terre par satellite se déroulent sur de très longues durées (décennies), et l'expertise dans le domaine de la télédétection depuis l'espace est longue à constituer et difficile à maintenir.
Celle du CMS s'est établie dans le cadre des programmes de satellites géostationnaires METEOSAT (européen) et GOES (américain) et de satellites défilants en orbite basse polaire NOAA (américains) et, plus récemment, METOP (européen).
Le CMS possède une forte expertise, en particulier pour les paramètres température et flux en surface de l'océan, mais également en imagerie satellitaire, en détection et classification des nuages, ainsi qu'en sondages de l'atmosphère. L'équipe R&D se compose d'une douzaine d'ingénieurs-chercheurs qui travaillent en collaboration étroite avec le Centre national de recherches météorologiques de Météo-France (Toulouse) et avec nombre d'équipes de R&D en Europe et dans le monde.
Au delà de ces domaines d'expertise « traditionnels », le CMS est aussi mobilisé sur les nouveaux satellites météorologiques américains NPP (2010) et NPOESS (2013), et surtout sur le programme européen Meteosat Troisième Génération (MTG - 2015).
Par ailleurs et compte tenu de ses responsabilités opérationnelles, le centre possède également des capacités en ingénierie des systèmes satellitaires et en formation.

Une image "BiSAT" GOES-METEOSAT en composition colorée



2008 Météo-France